Mercredi 29 juillet 2020

Gisèle Halimi est née Zeïra Taïeb, en 1927, au nord de la Tunisie, dans une famille juive et pauvre de La Goulette. Elle ne supporte pas le poids des traditions (particulièrement religieuses) qui dictent les comportements de ses parents : leurs « superstitions — dit-elle — étaient des instruments d’oppression des femmes... ».

Zeïza est une jeune fille révoltée. Elle préfère Gisèle (son deuxième prénom) ; elle sera la femme de tous les engagements : pour le droit des femmes à disposer de leur corps, à avorter, et à s’émanciper, pour l’égalité entre les sexes, pour la dépénalisation de l’homosexualité, pour le refus de la torture et des colonialismes.

Gisèle Halimi a, grâce au procès de Bobigny quelle a gagnée en 1972, pour éviter la sanction à une jeune fille ayant avorté à la suite dun viol et aux femmes ayant réalisé lavortement, fait bouger sur la légalisation de lavortement. Elle a montré linjustice de la loi et ses conséquences sur la vie des femmes et jeunes filles.

Femme de gauche, femme libre, Maître Halimi, humaniste et féministe, s’en est allée, ce mardi 28 juillet 2020, à l'âge de 93 ans. Attachée à Simone Veil et à Simone de Beauvoir, elle n’a cessé de se battre au nom de tou.te.s les laissé.e.s pour compte.

Nous l’admirions. Elle va beaucoup-beaucoup nous manquer : il était confortable d’être protégées par son savoir, son expérience, son courage et sa probité. Maintenant notre responsabilité est de mériter, d’honorer et de faire prospérer les valeurs qu’elle nous a laissées.

 

Voir le CP de Laurence Rossignol