Après la Géorgie qui limite l’IVG à environ 5 semaines voici l’Alabama qui surenchère en interdisant toute IVG même en cas de viol ou d’inceste avec poursuite des médecins qui la pratique...seul est admise l’IVG en cas de risque  de mort pour la mère .

Les États-Unis vivent  encore sur sa décision emblématique de 1973 de la Cour suprême « Roe v. Wade », qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n’est pas viable, or le Sénat de l’Alabama, à majorité républicaine,  a adopté, le mercredi 15 mai, le projet voté début mai par la Chambre des représentants de l’État.

Il interdit l'avortement et le texte ne prévoit pas d’exception en cas de viol ou d’inceste ; les médecins pratiquant l’avortement sont passibles de peines de prison de dix à quatre-vingt-dix-neuf ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’« anomalie létale » du fœtus

Vingt-huit Etats américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles depuis le début de l’année afin de limiter l’accès à l’avortement, selon un décompte de l’Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Le Kentucky et le Mississippi ont ainsi interdit les avortements dès que les battements du cœur du fœtus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse. Des mesures comparables sont en passe d’adoption en Géorgie, dans l’Ohio, le Missouri et le Tennessee. Un juge a bloqué la mise en œuvre de la loi du Kentucky, celle du Mississippi doit entrer en vigueur en juillet.

L’objectif des rédacteurs de ces textes est de se retrouver devant la Cour suprême des États-Unis — où Donald Trump a nommé Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh deux juges conservateurs  — dans le but de la faire revenir sur la décision  de 1973. 

Quelle régression, nous sommes inquiètes.

Cette guerre, sans précédent depuis 40 ans, est menée contre le corps des femmes,  destinée à le contrôler, un appel au viol et un viol symbolique d'un droit constitutionnel américain.